Article 2
"Le jardin est une composition
d'architecture dont le matériau est principalement végétal
donc vivant, et comme tel périssable et renouvelable."
Son aspect résulte
ainsi d'un perpétuel équilibre entre le mouvement cyclique
des saisons, du développement et du dépérissement
de la nature, et la volonté d'art et d'artifice qui tend à
en pérenniser l'état.
Article 3
En tant que monument le
jardin historique doit être sauvegardé selon l'esprit de la
Charte de Venise. Toutefois, en tant que monument vivant,
sa sauvegarde relève de règles spécifiques qui font
l'objet de la présente Charte.
Article 4
Relèvent de la composition
architecturale du jardin historique:
Article 5
Expression des rapports étroits entre la civilisation et la nature, lieu de délectation, propre à la méditation ou à la rêverie, le jardin prend ainsi le sens cosmique d'une image idéalisée du monde, un "paradis" au sens étymologique du terme, mais qui porte témoignage d'une culture, d'un style, d'une époque, éventuellement de l'originalité d'un créateur.
Article 6
La dénomination de jardin historique s'applique aussi bien à des jardins modestes qu'aux parcs ordonnancés ou paysagers.
Article 7
Qu'il soit lié ou non à un édifice, dont il est alors le complément inséparable, le jardin historique ne peut être séparé de son propre environnement urbain ou rural, artificiel ou naturel.
Article 8
Un site historique est un paysage défini, évocateur d'un fait mémorable: lieu d'un événement historique majeur, origine d'un mythe illustre ou d'un combat épique, sujet d'un tableau célèbre, etc.
Article 9
La sauvegarde des jardins historiques exige qu'ils soient identifiés et inventoriés. Elle impose les interventions différenciées que sont l'entretien, la conservation, la restauration. On peut en recommander éventuellement la restitution. L'authenticité d'un jardin historique concerne tout aussi bien le dessin et le volume de ses parties que son décor ou le choix des végétaux ou des minéraux qui le constituent.
Article 12
Le choix des espèces
d'arbres, d'arbustes, de plantes, de fleurs à remplacer périodiquement
doit s'effectuer en tenant compte des usages établis et reconnus
pour les différentes zones botaniques et culturelles, dans une volonté
de maintien et de recherche des espèces d'origine.
Article 13
Les éléments
d'architecture, de sculpture, de décoration fixes ou mobiles qui
font partie intégrante du jardin historique ne doivent être
enlevés ou déplacés que dans la mesure où leur
conservation ou leur restauration l'exige. Le remplacement ou la restauration
d'éléments en danger doit se faire selon les principes de
la Charte de Venise,
et la date de toute substitution sera indiquée.
Article 14
Le jardin historique doit
être conservé dans un environnement approprié. Toute
modification du milieu physique mettant en danger l'équilibre écologique
doit être proscrite. Ces mesures concernent l'ensemble des infrastructures
qu'elles soient internes ou externes (canalisations, systèmes d'irrigation,
routes, parkings, clôtures, dispositifs de gardiennage, d'exploitation,
etc.).
Article 16
L'intervention de restauration
doit respecter l'évolution du jardin concerné. En principe,
elle ne saurait privilégier une époque aux dépens
d'une autre sauf si la dégradation ou le dépérissement
de certaines parties peuvent exceptionnellement être l'occasion d'une
restitution fondée sur des vestiges ou une documentation irrécusable.
Pourront être plus particulièrement l'objet d'une restitution
éventuelle les parties du jardin les plus proches d'un édifice
afin de faire ressortir leur cohérence.
Article 17
Lorsqu'un jardin a totalement
disparu ou qu'on ne possède que des éléments conjecturaux
de ses états successifs, on ne saurait alors entreprendre une restitution
relevant de la notion de jardin historique.
L'ouvrage qui s'inspirerait
dans ce cas de formes traditionnelles sur l'emplacement d'un ancien jardin,
ou là où aucun jardin n'aurait préalablement existé,
relèverait alors des notions d'évocation ou de création,
excluant toute qualification de jardin historique.
Article 19
Par nature et par vocation,
le jardin historique est un lieu paisible favorisant le contact, le silence
et l'écoute de la nature. Cette approche quotidienne doit contraster
avec l'usage exceptionnel du jardin historique comme lieu de fête.
Il convient de définir
alors les conditions de visite des jardins historiques de telle sorte que
la fête, accueillie exceptionnellement, puisse elle-même magnifier
le spectacle du jardin et non le dénaturer ou le dégrader.
Article 20
Si, dans la vie quotidienne,
les jardins peuvent s'accommoder de la pratique de jeux paisibles, il convient
par contre de créer, parallèlement aux jardins historiques,
des terrains appropriés aux jeux vifs et violents et aux sports,
de telle sorte qu'il soit répondu à cette demande sociale
sans qu'elle nuise à la conservation des jardins et des sites historiques.
Article 21
La pratique de l'entretien
ou de la conservation, dont le temps est imposé par la saison, ou
les courtes opérations qui concourent à en restituer l'authenticité
doivent toujours avoir la priorité sur les servitudes de l'utilisation.
L'organisation de toute visite d'un jardin historique doit être soumise
à des règles de convenance propres à en maintenir
l'esprit.
Article 22
Lorsqu'un jardin est clos
de murs, on ne saurait l'en priver sans considérer toutes les conséquences
préjudiciables à la modification de son ambiance et à
sa sauvegarde qui pourraient en résulter.
Article 24
Le jardin historique est
un des éléments du patrimoine dont la survie, en raison de
sa nature, exige le plus de soins continus par des personnes qualifiées.
Il convient donc qu'une pédagogie appropriée assure la formation
de ces personnes, qu'il s'agisse des historiens, des architectes, des paysagistes,
des jardiniers, des botanistes.
On devra aussi veiller à
assurer la production régulière des végétaux
devant entrer dans la composition des jardins historiques.
Article 25
L'intérêt pour
les jardins historiques devra être stimulé par toutes les
actions propres à valoriser ce patrimoine et à le faire mieux
connaître et apprécier: promotion de la recherche scientifique,
échange international et diffusion de l'information, publication
et vulgarisation, incitation à l'ouverture contrôlée
des jardins au public, sensibilisation au respect de la nature et du patrimoine
historique par les mass- média. Les plus éminents des jardins
historiques seront proposés pour figurer sur la Liste du patrimoine
mondial.
NOTA BENE
Artículo 2.
"El jardín histórico es una composición de arquitectura
cuyo material es esencialmente vegetal y, por lo tanto, vivo, perecedero
y renovable".
Su aspecto es, pues,
el resultado de un perpetuo equilibrio entre el movimiento cíclico
de las estaciones, del desarrollo y el deterioro de la naturaleza, y de
la voluntad artística y de artificio que tiende a perpetuar su estado.
Artículo 3. Dado que es un monumento, el jardín histórico debe estar protegido según el espíritu de la Carta de Venecia. No obstante, en tanto en cuanto se trata de un monumento vivo, su protección se atiene a reglas específicas, que son objeto de la presente Carta.
Artículo 4. Determinan la composición arquitectónica de un jardín histórico:
Artículo 6. La denominación de jardín histórico se aplica lo mismo a jardines modestos que a grandes parques de composición formalista o de naturaleza paisajista.
Artículo 7. Esté o no unido a un edificio, del cual forme un complemento inseparable, el jardín histórico no puede desligarse de su propio entorno urbano o rural, artificial o natural.
Artículo 8. Un sitio histórico es un paisaje definido, evocador de un acontecimiento memorable: el emplazamiento de un suceso importante de la historia, origen de un mito ilustre o de un combate épico, motivo de un cuadro célebre...
Artículo 9.
La protección de los jardines históricos exige que estén
identificados e inventariados. Precisa intervenciones diferentes, a saber:
de mantenimiento, de conservación y de restauración. En ciertos
casos, es recomendable la recuperación. La autenticidad de un jardín
histórico es tanto una cuestión de diseño y proporción
de sus partes como de su composición ornamental, o de la elección
de los vegetales y materiales inorgánicos que lo constituyen.
Artículo 12. La elección de las especies de árboles, arbustos, plantas y flores que deben replantarse periódicamente ha de hacerse teniendo en cuenta los usos establecidos y aceptados en cada zona botánica y hortícola, con el objetivo de identificar las especies originales y preservarlas.
Artículo 13. Los elementos de arquitectura, escultura y decoración, fijos o móviles, que son parte integrante del jardín histórico no deben ser retirados o desplazados más que en la medida que lo exija su conservación o restauración. La sustitución o restauración de elementos en peligro ha de hacerse según los principios de la Carta de Venecia, y debe indicarse la fecha de toda sustitución.
Artículo 14.
El jardín histórico debe ser conservado en un entorno apropiado.
Toda modificación del medio físico que ponga en peligro el
equilibrio ecológico debe ser proscrita. Estas reglas se refieren
al conjunto de la infraestructura, tanto externa como interna (canalización,
sistemas de riego, caminos, estacionamientos, tapias, dispositivos de vigilancia,
atracciones para el visitante, etc.).
Artículo 16. La obra de restauración debe respetar los sucesivos estadios de la evolución experimentada por el jardín en cuestión. En principio, no debe concederse mayor relevancia o prioridad a un período en detrimento de los demás, a no ser en casos excepcionales en los que el estado de degradación o destrucción que afecte a ciertas partes del jardín sea de tal envergadura que aconseje su recuperación, la cual debe basarse en los vestigi os que subsistan o en una evidencia documental irrefutable. Tal reposición puede resultar más justificada en las partes del jardín más próximas al edificio principal para poner de relieve su significado en el conjunto del diseño.
Artículo 17. Cuando un jardín haya desaparecido totalmente o sólo queden vestigios que sirvan para hacer conjeturas sobre sus sucesivos estadios, no ha lugar a emprender una reconstrucción que en modo alguno sería una intervención en un jardín histórico.
En tales circunstancias,
una obra que se inspirase en formas tradicionales, realizada sobre el solar
de un antiguo jardín, o en un espacio donde nunca existió
otro, respondería simplemente al campo de la evocación o
de la creación original, y no se le podría aplicar, en ningún
caso, el calificativo de jardín histórico.
Artículo 19. Por su naturaleza y vocación, el jardín histórico es un lugar apacible que favorece el contacto humano, el silencio y la escucha de la naturaleza. Esta concepción de su uso cotidiano tiene su contrapunto en la utilización excepcional del jardín histórico como lugar de fiesta. Conviene definir las condiciones para el uso extraordinario de los jardines históricos de tal manera que la excepcional celebración de una fiesta contribuya a realzar el espectáculo del jardín, y no a desnaturalizarlo o degradarlo.
Articulo 20. Si en la vida cotidiana los jardines pueden acomodarse a la práctica de los juegos tranquilos, conviene crear, en zonas contiguas a los jardines históricos, terrenos apropiados a los juegos agitados y violentos y a los deportes, de tal manera que se dé respuesta a esta demanda social sin que perjudique a la conservación de los jardines y sitios históricos.
Artículo 21. Los trabajos de mantenimiento o de conservación cuyo calendario viene impuesto por las estaciones, o las pequeñas operaciones que contribuyen a restituir la autenticidad, deben tener siempre prioridad sobre las servidumbres de utilización. La organización de toda visita a un jardín histórico debe estar sometida a reglas que garanticen la preservación del espíritu del lugar.
Articulo 22. Cuando
un jardín está cerrado por muros, no deben suprimirse éstos
sin considerar previamente todas las consecuencias perjudiciales que podrían
producirse en cuanto a modificación del ambiente y protección
de dicho jardín.
Artículo 24.
El jardín histórico es uno de los elementos del patrimonio
cuya superviviencia, en razón de su naturaleza, exige mayores cuidados
contínuos por medio de personas cualificadas. Conviene que una enseñanza
apropiada asegure la formación de estas personas, ya se trate de
historiadores, arquitectos, paisajistas, jardineros o botánicos.
Debe velarse para asegurar
también la producción regular de los vegetales incluídos
en la composición de los jardines históricos.
Artículo 25. El interés por los jardines históricos deberá ser estimulado por todo tipo de actuaciones capaces de revalorizar este patrimonio y hacerlo conocer y apreciar mejor: promoción de la investigación científica, intercambio internacional y difusión de la información, publicaciones y trabajos de divulgación, estímulo del acceso controlado del público, sensibilización a través de los medios de comunicación en cuan to a la necesidad de respetar la naturaleza y el patrimonio histórico. Los más sobresalientes jardines históricos serán propuestos para figurar en la Lista del Patrimonio Mundial.
NOTA BREVE.
Estas son las recomendaciones
aplicables al conjunto de jardines históricos del mundo.
Esta Carta podrá
ser completada ulteriormente con cláusulas adicionales aplicables
a tipos específicos de jardines, incluyendo una sucinta descripción
de dichos tipos.